Notre histoire

 

La démarche CNPA / CRPA, à l'origine c'était quoi?

 

C'est d'abord, la création du CCPA (Conseil Consultatif des Personnes Accompagnées) :

Le CCPA s’inscrit dans une double dimension, à la fois politique et associative. C’est grâce notamment à une coïncidence temporelle que la Fondation de l’Armée du Salut va pouvoir pérenniser son engagement participatif en entrant en résonance avec le nouveau chantier mis en œuvre par le gouvernement de l’époque, appelé la Refondation.

  1. Mettre en œuvre la démarche de la Refondation

A la suite de l’action des Enfants de Don Quichotte durant l’hiver 2006-2007, installant des tentes le long du canal Saint Martin à Paris, plusieurs mesures ont été prises, notamment la création du DALO et la mise en place du PARSA. C’est le début d’un contexte de réforme qui va toucher le secteur de l’hébergement des personnes en situation d’exclusion. Une mission parlementaire est mise en place, confiée au député Etienne PINTE. Dans son rapport, publié en 2008, PINTE préconise un « pilotage fort et clairement identifié pour mettre en œuvre une nouvelle approche »58. C’est la création du Chantier National Prioritaire pour l’Hébergement et l’accès au Logement, reconnu prioritaire pour la période 2008-2012. A sa tête, est nommé le Préfet Alain REGNIER, délégué général pour la coordination de ce Chantier. Associant les différents ministères, les administrations et les associations alors regroupées au sein du Collectif des Associations Unies, le Préfet va organiser des groupes de travail pour élaborer la stratégie nationale à adopter concernant ce Chantier.

En novembre 2009, se basant sur le double principe de la mise en place d’un service public de l’hébergement et de l’accès au logement et de la priorité accordée à l’accès au logement, y compris pour les publics les plus vulnérables, le Secrétaire d’Etat au logement, Benoist APPARU, présente le document : « Pour un service public de l’hébergement et de l’accès au logement ». Ce document fixe au Chantier quatre objectifs : réduire le nombre de personnes à la rue ; replacer les personnes au cœur du dispositif pour mieux prendre en compte leurs besoins ; renforcer le pilotage du dispositif, en rénovant les rapports entre l’Etat et les opérateurs, et optimiser et rationaliser les moyens.

Ces objectifs se traduisent par une série de vingt mesures regroupées dans six thématiques qui devront être déclinées tout au long de la durée du Chantier. C’est ce que l’on appellera la Refondation.

  1. Pérenniser la démarche de la Fondation de l’Armée du Salut

Début janvier 2010, le Préfet REGNIER convoque l’administration et les associations pour leur proposer d’intégrer les personnes accueillies dans le processus de la Refondation, afin de répondre notamment à l’un des objectifs phares du Chantier, « replacer les personnes au cœur du dispositif pour mieux prendre en compte leurs besoins ».

Un tour de table est effectué pour recueillir les différentes propositions. La DGCS propose d’organiser des forums locaux, c’est-à-dire des réunions sur une journée associant travailleurs sociaux et personnes en difficulté qui travaillent séparément sur le même thème le matin et qui échangent sur leurs constats l’après-midi. C’est une modalité qui a déjà été utilisée par la DGCS quelques années auparavant, lors de préparations d’évènements liés à la lutte contre les exclusions. Il s’agit d’une consultation ponctuelle. Côté associatif, la Fondation de l'Armée du Salut est la seule à faire une proposition.

A cette époque, le projet mis en oeuvre est « Pour une Europe sociale, apprenons la MOC » depuis déjà un an. Ce projet prenant fin en décembre 2010, la proposition du Préfet arrive au bon moment. En effet, le projet fonctionne plutôt bien, les personnes en situation d’exclusion et les intervenants sociaux sont investis, viennent régulièrement aux réunions et certains me demandent déjà ce qu’on va faire après. Cette question est légitime : l’une des caractéristiques d’un projet est qu’il est marqué par un début et une fin. Les projets européens menés par la Fondation de l’Armée du Salut n’échappent pas à cette règle. Or, lorsqu’une dynamique est lancée, qu’elle permet à des personnes de retrouver leur dignité, qu’elle redonne confiance et qu’elle crée des liens, cette règle « de la fin » est difficile à accepter, surtout lorsque les personnes éprouvent encore le besoin de se réunir et d’échanger. Il s’agit donc de trouver d’autres solutions pour pouvoir continuer et laisser plutôt le choix à la personne d’arrêter quand elle le souhaite et non pas parce que les considérations organisationnelles l’ont décidé.

Souhaitant donc poursuivre les actions participatives autour de l’élaboration et de l’évaluation des politiques publiques, forte de la dynamique engagée dans ce projet, mais également des partenariats développés, notamment avec le CNLE, et liée aussi par son engagement dans la réflexion sur la Refondation, la Fondation de l’Armée du Salut va répondre à la demande du Préfet REGNIER en proposant la création du Conseil Consultatif des Personnes Accueillies. Proposition qui sera acceptée et entérinée par la signature d’une convention.

La naissance du CCPA est donc issue du croisement entre la volonté de la Fondation de l’Armée du Salut de promouvoir la démarche participative dans les politiques publiques et celle du Préfet REGNIER d’associer réellement les personnes en situation d’exclusion à l’élaboration des politiques publiques les concernant.